Petite parenthèse avant de commencer… ayant chacun écrit pour nous notre récit, nous tenterons ici d’en faire un mélange pour une vision plus complète de ce que nous avons vécu… J’écris en caractère normal alors que le récit de Jérôme est écrit en caractère gras…
1er jour : arrivée à Dehli / départ vers Jaipur :
Seulement quelques heures que nous sommes ici et le dépaysement est déjà complet…
tant de choses à dire…
hier départ de Grenoble à 8h, sous la neige, 1C°. Nous arrivons à temps pour notre premier avion, merci papa d’ Audrey, direction Londres où l’on attendra notre prochain vol pendant 2 / 3 heures (avec interdiction de fumer) pour ensuite 10 heures de vol direction Dehli (toujours sans fumer !).
Arrivée à Dehli avec une heure de retard (normal on s’est mis tout de suite à l’heure indienne, on est partis une heure en retard !).
Dehli, avec les 4h30 de décalage horaire en moins la nuit fut courte, il est 5h30 en Inde. Après avoir rempli les formalités douanières et retrouvé nos bagages tous bien arrivés, nous voici défilant dans une allée centrale à la sortie de l’aéroport où nombre d’indiens guettent sur les cotés tous ces touristes fraîchement arrivés. Suresh, le chauffeur qu’on avait choisi par avance sur internet, est là à nous attendre parmi toute une lignée d’autres guides et chauffeurs. C’est impressionnant de voir ces rangées d’hommes se ressemblant tous, habillés pareil, avec leurs pancarte.
On est contente d’y voir notre nom, des fois qu’il nous ait oublié. Sauf que, s’étant cassé un doigt, il nous apprend qu’il nous confie à son cousin Satish.
J’ai un peu peur de l’entour loupe mais après quelques heures on voit qu’il a l’air sympa et surtout qu’il est prudent sur la route. Ceux qui connaissent un peu l’Inde le savent, les routes indiennes sont la hantise des occidentaux.
Il fait encore nuit, frais, le ciel est assombri par la pollution, les indiens ont un regard pesant, certains semblent louches, ils rodent, traînent, sont partout sur le chemin que nous empruntons pour rejoindre notre voiture, une Tata, et notre chauffeur Satish.
Audrey lui confie notre itinéraire et nous lui remettons la moitié du prix, convenu par avance par mail, pour les 15 jours, soit 200€ environ.
Nous voilà partis sur les routes, 300 bornes jusqu’à Jaipur, sur une autoroute plutôt bonne mais fréquentée aussi bien par les piétons, vélos, motos avec 2 3 indiens dessus minimum, parfois même avec une chèvre sur les genoux, les calèches tirées par les vaches ou les chameaux, les multiples camions surchargés, décorés de toutes couleurs arborant à l’arrière un « Horn please »...
Ici, le code de la route se fait au klaxon…
Tout le long de la route la vie se poursuit pour les indiens, commerçants de fruits, légumes, fleurs, potiers, fabriquants de meubles en pleine action, tailleurs de pierre, barbiers, zoneurs… pour la plupart accroupis (ils ne s’assoient pas vraiment)… les bâtiments sont vétustes, délabrés, plus des baraquements qui ne comportent souvent qu’une façade, recouverte ou peinte d’affiches qui ne datent pas d’hier.
Tout au long de la route on est absorbé par toute cette vie, cette misère, les bas cotés débordant de déchets qui font la joie de certains, enfants, vaches, cochons…
Surpris de cet environnement sec, alors qu’assez vert aux alentours de Dehli, et aussi par de magnifiques battisses luxuriantes.
Tout est contraste.
Nous arrivons vers 13h au Saharia Organic Resort and farm, une ferme typique où l’on a réservé notre première nuit, à 20 km de Jaipur. Il fait 30 C°.
Nous y rencontrons des occidentaux qui font ici du Hoofing, ils travaillent à la ferme en contrepartie du gîte et du couvert. En ce moment ils préparent les terrains en creusant des cercles, autour des arbres, pour l’irrigation.
Nous, nous payerons 800 roupies la nuit.
Après une ballade dans les environs, où nous avons fait la joie de quelques enfants avec un peu de chocolat, croisé une jeep avec des hommes enturbannés suivis d’une charrette remplie de femmes, nous profiterons du calme qui règne ici, des écureuils dans tous les arbres, des perroquets verts et de notre jolie maisonnette qui constitue notre chambre.
Il est 18h ici…
Jaipur/Pushkar,le 9 février 2009
Hier soir nous avons pris notre premier repas indien, un thali : riz, dhal(purée de lentilles), salade de légumes et chapatis, le tout bien épicé, autour d’un feu avec les occidentaux, fermiers ou touristes, une petite quinzaine en tout. Très agréable moment, malgré les conversations tout en anglais, j’ai du mal !
Nous attendons le chef pour pouvoir régler notre nuit. Lorsqu’il arrive, nous ne le pressons pas dans son repas. Fatigués du décalage et notre première journée sur les routes, nous abandonnons le feu pour rejoindre notre sorte de hutte en paille, sol en terre battus, intérieur très simple : deux lits, une commode, les murs sont blancs et une porte à l’arrière donne sur une salle de bain avec douche, évier et wc en plein air…
Il fait frais, nous occuperons un seul lit pour nous tenir chaud, chacun dans son sac à viande. Quelle joie de retrouver un vrai lit après deux jours de voyage !
Vers 5 h un bruit louche me réveille, et réveille donc Jérome (je sais je suis discrète !). Ce qui m’inquiète : qu’est ce que c’est et surtout, c’est dedans ou dehors ??? Question presque élucidée, ça n’a pas l’air d’être dedans, ça a l’air d’être un oiseau ou un écureuil. Sinon la nuit fut bonne.
Réveil à 7h, Audrey file payer la nuit pendant que je fais les sacs, 800 roupies et environ 300 de plus pour les repas, taxe comprise. Je trouve ça un peu excessif malgré le coin sympa, reculé de tout, propice au repos.
Mais l’idée du hoofing pour voyager sur le long terme est plutôt sympa, même si les fermiers n’ont pas l’air de beaucoup sortir durant leur séjour ici, ils vivent la vie des locaux, sans être vraiment en vacances.
Par manque de temps et aussi parce qu’on ne peut y aller seuls, la procédure…, nous laissons à Kate (une bénévole avec qui nous avons bien accroché) quelques vêtements pour enfants, collectés par Audrey via le site Peuplade. Cela sera l’occasion pour eux d’aller à l’école du coin.
Nous reprenons route, arrêt à Jaipur où nous laisserons un couple d’américains rencontrés à la ferme, que Satish a bien voulu prendre. Ils ne lui laisseront qu’un « Shoukria »(« merci » en Français).
Petit arrêt au palais des vents, belle façade de fenêtres roses, dans une rue commerçante très animée. Ce bâtiment ancien est typique de Jaipur, surnommée la ville rose.
Quelques photos… dont deux charmeurs de Cobras, qui me réclament quelques roupies, bien embêté je n’ai pas de monnaie. Une banane en poche, ils la prennent et me voilà soulagé.
Notre prochain arrêt sera au City palace de Jaipur, 300 roupies par personne ! Nous préférons visiter l’observatoire astronomique à coté, bien moins cher.
Les indiens ont un grand savoir de l’astronomie liée au bien être.
Nous croisons nos premiers éléphants, joliment décorés, avant de reprendre la route chaotique de la ville… notre chauffeur gère !
Nous apercevons deux singes se sauvant d’une fenêtre avec des fruits.
A la sortie de Jaipur, sur les hauteurs des collines environnantes, d’immenses remparts constituent la ville d’ Amber. Nous prenons une petite route où la vue est splendide sur ce fort, et suivons des éléphants qui mènent les touristes à l’entrée de celui ci.
A l’entrée du fort, un garçon tente de me vendre un bonnet typique du rajasthan, rouge, je passe ma route.
Après avoir payer notre entrée, nous découvrons autour d’une cour les multiples passages à l’intérieur du fort. Pleins de couloirs sur plusieurs niveaux, les marches en marbre, nous nous émerveillons de la vue sur l’intérieur et sur l’extérieur du fort à travers des sortes de miradors. A l’intérieur, la salle des glaces d’où le maharadjah donnait ses audiences, murs remarquablement incrustés de miroirs, à l’extérieur les fortifications faisant le tour du fort, séparant Jaipur du fort d’ Amber.
Reprise de la route, après avoir esquivé quelques marchands ambulants, dont celui du bonnet rouge, qui me l’offre pour 10 roupies, mais pas à mon goût. Je les dépenserai quelques mètres plus bas pour 4 bananes. Nous prenons un chemin, plus qu’une route, bordé de détritus, cochons, sangliers, semblant de constructions et temples.
Traversée difficile de Jaipur, nous faisons une courte pause pour admirer un lac palace. Juste sortis de voiture, une enfant portant un bébé nous aborde, il réclame à manger. J’ai du mal à ignorer, ce bébé a l’air affamé, presque tendant la main, qui peut être sera un geste pour toute la vie, si sa caste en a décidé ainsi. Il est difficile de donner après avoir lu « les fabuleuses aventures d’un enfant qui devient milliardaire » et tous les conseils d’autres occidentaux : »Si on donne à un, d’autres qui nous regardaient comme de possibles donneurs ne vous lachent plus ». En fait et surtout les occidentaux qui pensent faire une bonne action alimentent bien souvent et sans le vouloir un réseau de mendicité où les enfants sont exploités par les adultes…
On reprend la route…
…qu’il est confortable de contempler la vie grouillante et continue à travers les vitres de notre tata.
Jaipur est une ville très vivante, commerces de fruits, fleurs, épices et autre, tout se vend dans la rue, parfois sur les charrettes qui font office d’étal, vaches qui rodent ou dorment sur le terre plein séparant les deux cotés de la route, habitants vivant le long des routes dans des sortes de bidonvilles éparpillés de ci de là, poteaux électriques qui servent d’appui pour des bâches formant des toits….
Sur la route surpeuplée, c’est le bordel, ça klaxonne en tout sens, vélos, motos, vélo ou auto rickshaw, camions, cars et voitures, calèches ou plutôt charrettes tirées par des hommes, des chevaux ou des dromadaires. Bizarrement pas de bouchon, on avance dans un brouhaha indescriptible.. nous sommes l’amusement de certains nous épiant à travers les vitres…
A nouveau sur l’autoroute, plus calme, plus rapidement, nous roulons à 90 km/h, tout le long la vie se fait, des sortes de restaurants pour routiers en plein air permettent aux locaux de se rafraîchir, allongés sur des paillasses, avec sur le côté des pompes à eau pour se doucher, à moitié nus sur la route, entres vaches, cochons, poussière et détritus.
Le volant à droite, on garde une voie et tentons de nous y tenir. On double, se fait doubler des deux cotés. Parfois on passe très prés des par chocs, heureusement notre chauffeur n’est pas suicidaire, au contraire de certains on dirait. Des cadavres de camions sont abandonnés le long des routes. Un accident sur l’autre coté fait dériver la circulation sur notre voie. Rien de choquant, nous sommes en Inde.
Nous longeons un grand marché de vente de marbre. On peut voir des négociations se faire, des mesures qui sont prises… il y a du marbre à perte de vue.
Dernière portion de route avant Pushkar, des paysans travaillent dans les champs de céréales, rendant le paysage un peu plus vert. Ça et là, des amoncellements de végétaux nous font penser à de petites maisons.
Nous entrons dans Pushkar et suivant les conseils de notre chauffeur, nous nous arrêtons à l’hôtel Radhika Palace, au terme d’un petit chemin de terre.
Je fais l’impasse sur notre arrivée et notre premier jour à Pushkar, non pas que je n’ai rien à dire ou que je n’ai pas apprécié, au contraire, mais de prendre le stylo me demande du temps et, fatigué ce soir, je laisse à Audrey le soin de poursuivre le récit…
Très vite, on se dit qu’on a bien fait d’avoir accepté l’hôtel proposé par Satish. L’accueil est chaleureux, la chambre assez petite mais pas trop sale, avec salle de bain et ventilateur.. le tout pour 300 roupies !!! En plus, il y a un petit jardin avec vue sur le lac, un petit restau où le serveur/ cuistot est vraiment super sympa. C’est plutôt calme.. le pied !
Petit repas de riz et banana pancakes puis promenade au grand marché qui entoure le lac. Nous y repérons deux châles sympa (j’adore le mien !!!) pour 530 roupies.. on a quand même du mal à marchander… c’est pas trop notre truc. Puis achat de cartes postales pour donner de nos nouvelles. Petit repas très épicé pour moi, pour Jérome ça va (riz et légumes) … et maintenant, dodo !
Pushkar, le 10 février 2009
Après une bonne nuit de sommeil (c’est très calme la nuit aussi étant donné que nous sommes un peu à l’écart de la ville) levé à 7h quand même (on se couche tôt faut dire), pti dèj sur la terrasse, lever du soleil, chai et banana pancakes... la belle vie ! On laisse notre chauffeur tranquille aujourd’hui et on prévoit juste d’aller se promener autour du lac et faire du shopping au grand marché (qui fait lui même le quasi tour de lac)… Il nous donne quelques conseils, on le recroisera ensuite à chaque fois qu’on repassera à l’hôtel. Petite aparté sur les chauffeurs et les hôtels, ici quand on arrive dans un hôtel avec un chauffeur, ce qui est très répandu, il leur est réservé une sorte de dortoir et ils sont nourris par l’hôtel… apparemment sans supplément de prix pour nous puisqu’on ne payait pas plus cher…
Nous voilà donc partis en ville… C’est encore assez calme à cette heure là. On s’arrête une petite heure dans un cyber pour donner de nos nouvelles… Puis on se lance dans le marché. En Inde, tout se vend dans la rue, nourriture et artisanat bien sur mais aussi serviettes hygiéniques, stylos, téléphones, lait de maternité,… On voit finalement peu de touristes mais surtout des indiens venant d’un peu partout en Inde car Pushkar est une ville sainte (lieu de pèlerinage hindou semblable à la Mecque pour les musulmans).. On voit de belles choses, c’est très tentant. Des « namaste » (bonjour en Hindi) ou des « hello » pleuvent d’un peu partout pour nous attirer dans les boutiques mais cela reste, je trouve, très courtois.
Première d’une longue série d’arrêts, aujourd’hui c’est journée shopping ! On commence à négocier (notre chauffeur nous a expliqué hier soir de demander systématiquement la moitié du prix annoncé, ce qu’on fait : résultat ça les fait rigoler mais finalement on ne paye jamais le prix annoncé comme définitif au début…). Une fois lancée, la conversation est amicale, questions curieuses habituelles mais aussi commentaires sur la ville, les touristes, la pluie qui ne vient pas, la religion.. chaque fois on a l’impression de partager un moment de leur vie…
Le marchandage reste donc souvent amical : « si toi heureux, moi heureux » !
On nous explique qu’à chaque qualité son prix, et bien souvent chaque sorte d’article existe en trois ou quatre qualités différentes, du « fait à la machine » au » fait main » mais grossièrement jusqu’au travail qui prend des semaines tant c’est minutieux. Mais le dernier prix annoncé peut souvent être diminué, surtout si on fait mine de partir. Et là, déferlante d’arguments pour finalement baisser le prix : ma qualité est meilleure que celle du voisin mais je te fais un meilleur prix, ou leur superstition qui est que selon eux, si un touriste achète le matin, cela annonce des bonnes affaires toute la journée ! En plus ce jour là nous sommes apparemment tombés sur une journée de solde, veille du jour de Ganesh, Dieu de la chance… Est-ce vrai ?
Une fois l’achat réalisé, on nous propose souvent de revenir boire le thé.. Un début d’amitié se tisse presque à chaque fois, ça remplit l’âme !
Après notre 1er achat, ou pendant, je ne sais plus très bien… des indiens demandent à Jérôme s’ils peuvent le prendre en photo avec eux, finalement je suis de la photo aussi (c’est bien parce que je passais par là…). Pour une fois ce n’est pas nous qui prenons les locaux en photo mais eux ! On ne sait pas trop en quoi ça les intéresse, peut être qu’on fait partie du paysage finalement
.
Du coup on aurait dû faire comme eux, leur demander de l’argent pour nous avoir pris en photo ! Je suis mauvaise langue, ça n’arrive pas toujours… parfois ils demandent à être pris en photo juste pour le plaisir de se voir ensuite sur l’écran de l’appareil photo. Là encore une différence entre ville et campagne, où le lien avec les touristes semble beaucoup plus désintéressé.
La journée suit son cours mais avec nos sacs d’achats on commence à se faire repérer alors qu’on nous avait laissé plutôt tranquilles jusque là.
Une femme avec son bébé commence à nous coller, elle dit qu’il a faim… c’est sûrement vrai mais on nous a tellement dit de ne pas donner à ceux qui demandent, que ça incite à continuer à mendier… le bébé pleure, c’est dur de rester insensible (on avait réussi à ne rien donner la seule autre fois où ça nous est arrivé, mais quel déchirement !). Elle ne demande pas de l’argent (c’est ce qu’ils disent toujours pour commencer), mais à manger… on sait qu’ils font ça pour inspirer confiance mais qu’en fait ils nous demandent de leur acheter quelque chose qui coûte plus cher que ce qu’on aurait donné en monnaie… on refuse mais elle persiste, on s’est un peu perdu en plus en voulant aller à la poste (l’officielle, sinon il y en a partout), on est plein de sacs donc difficile de dire qu’on a pas d’argent sur nous… finalement Jérôme lui donne un petit billet (le bébé est si maigre) et elle nous laisse. Mais immédiatement un jeune enfant nous alpague, il parle un peu anglais, il nous dit qu’avec tout ce qu’on a acheté on peut bien lui donner quelque chose… on dit qu’on est pressé mais on est perdu, là où on s’enfonce les gens sont plus agressifs. Il nous demande où on va, comme on est perdu on lui répond qu’on cherche la poste, il dit qu’il sait où c’est, on le suit plus ou moins, on arrive devant un bureau d’expédition, genre : un max de charges et pas sûr que ça arrive un jour. On lui dit que ce n’est pas ça qu’on cherche… il est un peu agacé, il n’en connaît pas d’autres. Là dessus un autre enfant plus âgé le chasse en lui disant en anglais de ne pas nous embêter… Il dit qu’il va nous conduire à la vraie Poste, qu’il est né ici donc il connaît bien la ville, que l’autre vient d’arriver et qu’il ne connaît rien.. et là flash back sur le livre : les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devient millionnaire. On a l’impression de revivre le livre. Le gamin a appris à parler anglais à force de fréquenter les touristes, … Il dit qu’il ne veut pas d’argent, on se rendra compte après que c’est pour les mêmes raisons que la femme d’avant… Il dit que l’argent ce n’est pas la vie.
On ne le croit pas mais on veut trouver cette poste donc on le suit, on a du chocolat dans le sac, on se dit que ça fera l’affaire.
On s’enfonce dans les ruelles et je commence à me demander où il nous emmène, mais bizarrement il m’inspire confiance et on le suit jusqu’au bout. On tombe effectivement sur la fameuse Poste, un grand bâtiment blanc qui détonne avec la misère alentour. On n’aurait jamais trouvé sans lui. Aussi quand il nous dit qu’il nous attend dehors (ils se font chasser quand ils approchent de trop les bâtiments publics), on sait qu’on lui donnera quelque chose !
On poste les cartes et il nous dit avoir faim, quelle surprise ! Il dit qu’il ne veut qu’un chapati, on sait qu’à notre hôtel ça vaut 8 roupies, on accepte. Mais là il nous arrête (enfin tente de le faire) devant une boutique où il nous tend un paquet de farine, 200 roupies ! On lui dit qu’il exagère carrément. Il nous dit qu’il doit nourrir sa famille… on refuse et on lui propose de lui acheter un chapati à notre hôtel (en dehors du fait qu’il cherche à tirer profit de nous, il est plutôt sympa et ça n’a vraiment pas l’air de l’amuser de devoir mendier… il nous aide même à repousser les pseudo sadous qui veulent nous mettre des fleurs dans les mains pour que, une fois acceptées, on soit obligé de faire un offrande au lac sacré, et là on le sait, ce n’est pas 10 ou 20 roupies qu’il faut débourser mais 100, 200 dollars ! Et puis il sont bien plus agressifs qu’un enfant affamé…).
On arrive à l’hôtel, on commande des chapatis, ils essayent d’obtenir plus mais on refuse, en plus notre chauffeur est là et leur dit de ne pas abuser, après nous avoir demandé s’ils nous dérangeaient.
Une fois servis, ils se jettent dessus et on voit qu’ils ont vraiment faim, le cuistot leur offre même des légumes cuits (ils sont végétariens). D’autres enfants approchent mais ils les repoussent.
On finit de manger les chapatis mais ils n’ont pas l’air de vouloir partir, ils veulent être pris en photo, qu’on leur donne ou envoie des vêtements de France,… ils essayent ! Le prof de yoga leur donne des fruits… il nous explique qu’il les connaît, que la vie est difficile pour eux alors il tente de les aider… finalement on se dit que si les locaux ici leur donnent, pourquoi pas nous ? Bon faut dire que si on donne à un, toute une meute rapplique et là s’en est fini de la tranquillité !
Finalement on dit qu’on va rentrer à notre chambre et ils partent…
On commande à manger (on allait quand même pas manger devant eux ! ) et papotons avec une touriste, son chauffeur et notre cuistot préféré
Il me dit qu’il me donne 100 roupies (ce qui est beaucoup pour lui) si je croque dans son piment vert, il est fou ! Rien que sans ça on crache souvent le feu avec leurs épices ! Il me dit que même lui ne le ferait pas, c’est dire !
On mange donc notre désormais traditionnel banana pancakes et allons nous reposer avant notre cours de yoga programmé dans l’après midi…
Le cour de yoga était très sympa, il nous a expliqué toute la signification des positions, des pujas (dons) et mantras (prières chantées), la connexion avec Dieu…
Il nous dit à quel point pour lui le yoga a changé sa vie (il a retrouvé la santé) et on voit qu’il aime vraiment enseigner cet art.
On apprend donc la position (salutation) du soleil qui se décompose en 12 mouvements : un pour le soleil, un direct pour Dieu, 4 pour les 4 éléments, le reste pour nous et les prières.
On récite les prières et on chante le « ohm » (ce qui signifie Dieux et moi, le lien entre Lui et nous) shanti.
Le coté religieux est un peu étrange pour nous mais tout a un sens et on le suit dans ses mouvements et explications.
Il nous explique qu’il est désormais notre gourou, c-a-d celui qui nous a enseigné le yoga, la façon d’être connecté à Dieu.
Au delà du coté religieux, c’est vraiment le coté relaxation, étirement du corps, recherche d’énergie positive qui ressort.
On est content de cet enseignement qui fait vraiment partie de la vie ici, considéré comme de la médecine. Il nous montre d’ailleurs comment par le yoga soigner certains maux.
Je pense que c’était un peu cher par rapport à d’autres cours ici mais bon, on ne le fera pas tous les jours non plus ! Et puis c’était un cours individuel…
On se pose dehors prendre un chai mais le vent se lève fortement et nous rentrons écrire nos carnets de voyage…
Après un bon riz (il y a tellement de façons de le cuisiner ici !) servit dans notre chambre, c’est maintenant 23h, l’heure du dodo !
Pushkar, le 11 février 2009
Il est 7h le matin, on se lève tôt pour aller au temple dédié à Savitri. Il parait que le lever du soleil y est magnifique. Notre chauffeur étant peu matinal, difficile de parvenir à la lever avant l’aube ! Mais bon si on avait vraiment voulu, on y serait allés à pied !
On part vers 7h20, il faut environ ¼ d’heure pour parvenir en voiture au pied des marches.
On ne les a pas comptées mais il y en a un certain nombre ! En plus si au début ce sont de vraies marches, après cela relève plus de l’amoncellement de pierres que de réelles marches.
On commence donc notre ascension et Jérôme regrette déjà sa cigarette du matin.
Comme en Inde il se passe toujours quelque chose, on rencontre notre premier singe. On en avait déjà vu sur la route mais de loin. Là on pouvait presque le toucher ! Enfin on ne l’a pas fait ! C’est impressionnant quand même ! Au retour on s’aperçoit que les arbres en sont remplis, puis on ne cessera d’en voir toute la journée, au temple et dans la ville.
Aujourd’hui on nous explique que c’est la fête de Ganesh, le Dieu éléphant. Beaucoup d’hindous donnent à manger aux animaux, c’est peut être pour cela qu’on voit beaucoup de singes…
Aujourd’hui donc commence la saison des mariages… en effet ce soir on entend beaucoup d’agitation, mais on n’ose pas trop s’aventurer hors de la terrasse de l’hôtel à cause des chiens alors on imagine seulement.
On demande confirmation à un des enfants qui travaille à l’hôtel (et oui les enfants travaillent…) car on ne sait pas toujours si ce qu’on nous dit est vrai ou pas. C’est dommage parce que souvent on écourte un commencement de conversation de peur qu’ils nous demandent ensuite de l’argent (ce qui arrive souvent si on ne dit pas non tout de suite, avant même de savoir ce qu’ils veulent). D’ailleurs aujourd’hui on a expérimenté quelque chose… dire non en hindi « nahi ». C’est tout bête mais ça marche ! Les gens repartent aussi vite qu’ils étaient venus.. peut être ils nous croient vivant ici, car à Pushkar il y a pas mal d’occidentaux qui s’y sont établis.
On décide de mettre immédiatement tout achat dans notre sac à dos, et là miracle presque plus aucune quémande !
Bon du coup je me suis un peu égarée.
Revenons au temple. Euh non à la demande au garçon de l’hôtel qui nous a confirmé que c’était bien la fête de Ganesh.
Au temple donc, seuls deux occidentaux y boivent un chai, enfin pas dans le temple bien sur mais devant. En fait chaque endroit qui peut attirer du monde, un croisement entre deux rues principales, un temple, … comporte son ou ses petits shop.
On quitte nos chaussures comme cela est demandé, on conserve le silence (demandé aussi) et on entre. Le temple n’est pas très grand mais dans la pièce où trône la divinité Savitri, première femme du Dieu Brahma, c’est très impressionnant et émouvant. Des gris gris pendent de ci de là, et l’encens embaume toute la pièce a vous couper le souffle…La paix qui y règne fait ressortir encore plus le coté déjà très mystique du lieu.
Des hindous entrent, on les laissent prier tranquilles et on sort pour se poser à l’entrée du temple. Satish nous y retrouve, il est fatigué mais a l’air heureux d’être là, un peu fatigué de sa montée des marches qu’il a du faire rapidement, ce décidant à venir prier… on a alors confirmation qu’il est bien hindou. On ne savait pas trop si c’était impoli ou gênant de demander alors on ne l’avait pas fait.
En plus il est très discret… mais Pushkar a l’air de lui faire du bien, il a quitté à son arrivée sa traditionnelle chemise bleue et son pull sans manches, et après sa ou ses prières il commence à papoter avec nous.
On en apprend plus sur lui, la difficulté de son métier et de la vie en général en Inde. Il nous parle des différentes divinités et du fait que chaque jour de la semaine les hindous prient une divinité particulière. Il nous demande quelques mots en français et une fois rentrés à l’hôtel on continue de papoter un moment. Il nous parle de sa région, le Jammu Cachemire, nous demande comment est la vie en France, si c’est cher, ce que l’on y fait, si on boit de l’alcool, lequel, … Jérôme lui offre une roulée (il trouve ça bien meilleur que ses bidies) et des bonbons de France. À lui ainsi qu’aux autres qui travaillent ici et viennent souvent papoter. La discussion est vraiment sympa… , nous rentrons ainsi jusqu’à notre hotel…
Comme on n’a plus de monnaie indienne, il nous faut aller à la Banque. Toute une expédition ici !
On sait qu’il y en a une qui change à bon taux et sans frais…
On fait un premier essai vers ce qu’on croit être la bonne banque : la radjasthani Bank. Elle semble fermée bien que le rideau de fer soit entrouvert.
On se dit que ce doit être la pause de midi et on retourne à l’hôtel.
Là, Satish nous dit que c’est bien ouvert, que c’est normal le rideau (pour la sécurité) et qu’il faut demander aux gens qui sont devant… moé, je ne suis pas bien convaincu que les gens qui attendaient sur leur motos devant la porte de la banque avaient l’air de bonne foi, nous proposant de nous emmener je ne sais où…
On décide donc de regarder dans notre guide de voyage qui indique en fait la State Bank of Bikaner et Jaipur. On regarde sur le plan et on y retourne refaisant un chemin qui longe le lac, a travers les Gaths, pieds nus, croisant quelques vaches, singes, et vendeurs d’offrandes pour les prières, pour retrouver la petite rue piétonne commerçante…
On cherche un peu mais Jérôme repère vite la petite enseigne bien cachée !
On entre, on nous demande ce qu’on veut, pas parce que c’est notre tour, en fait dans les bâtiments officiels comme la Banque, la poste, tout le monde est un peu servi en même temps… mais parce qu’on s’est planté devant… Maintenant on sait que dans ce genre de cas, il ne faut pas tenter de faire la queue mais se poser devant et attendre que quelqu’un nous demande ce qu’on veut… c’est ce que cet agent de banque a fait.
Il est sympa, ça fait plaisir car ils sont impressionnants au premier abord, et ont l’air de nous mépriser… puis il sourient et ça va.
Il nous explique bien tout comment faire.
Pour changer les traveler chèques, il nous fait remplir tout un tas de paperasse et on reçoit notre change après une bonne heure (il y a toujours un supérieur à aller voir pour signer). On patiente en observant par les fenetres les singes qui jouent entre eux sur les toits de Pushkar….
Effectivement le taux de change est proche de l’officiel et zéro taxes ! Super ! Nous voilà renfloués.
On repars vers l’hôtel et décidons de tester un autre restaurent, pour voir, car des petits îlots de paille avec table et chaises nous y a attiré : la baba restaurant.
Nous commandons pour tous les deux riz et dal, pour Jérôme un papaya milk shake et pour moi mon premier lassi ! C’est apparemment avec le chai La chose à goûter en Inde alors…
Je le prends à la banane et c’est vraiment bon, rafraîchissant !
On espère que le yaourt et le lait ont été conservés au frais (on peut toujours rêver
).
Les prix sont vraiment bas (le tout nous coûtera seulement 150 roupies, 2,5 € à deux ! ), l’endroit est très chouette mais c’est vraiment limite au niveau propreté.. dommage.
Même si on se met petit à petit au mode de vie des indiens, on a du mal avec le manque de propreté des assiettes, des verres, … donc en cuisine ce doit être pareil ou pire ! Oui je sais, on est des petites natures.. mais comme on n’est là que 2 semaines on ne veut vraiment pas ne serait-ce qu’un jour être coincé au lit !
On préfère donc pour le soir s’en tenir au restaurant de l’hôtel, un peu plus cher mais plus propre ! En plus la vue et l’ambiance sont sympa alors…
Après le repas, on rentre prendre une bonne douche chaude et laver nos affaires. N’ayant pas emporté beaucoup de vêtements, cela devenait sinon nécessaire, grandement utile !
On fouille dans le sac, pas de ficelle ! On étendra le linge sur les tringles des rideaux, préalablement nettoyées à la lingette ! C’est folklo mais finalement assez local
On part se promener en ville faire quelques achats, d’encens notamment pour en mettre dans nos chambres… dans une échoppe on nous prend pour des business men et on tente de nous vendre de nombreuses pièces !
On rentre à l’hôtel sans s’être fait alpagué ou suivre, on est fiers !
On croise notre gourou qui propose de faire du yoga mais on est fatigué et on a envie d’être un peu tranquilles… le pauvre doit s’ennuyer ferme !
Nos affaires ne sont pas sèches mais on garde espoir ! On met quand même le ventilateur pour aider.
On prend nos carnets de note et filons vers la terrasse écrire le récit de la journée, et manger chapati et poilée de légumes. On lui demande sans piment et c’est vraiment délicieux !
On prend quelques photos avec le cuisto et les autres.. on promet de les lui envoyer.. 3 jours ici et on est déjà très attachés à ce lieu, à ces gens…
Il nous faut partir pour pouvoir voir d’autres endroits qui promettent d’être magnifiques !
Quelques lignes encore avant de dormir… je me dis à nouveau que c’est frustrant de ne pas pouvoir téléphoner (le portable ne marche pas pour les appels…). Demain il faudra trouver un moyen de le faire ! Allez ! Dodo !
Ranakpur, le 12 février 2009
Le réveil sonne, il est 7h, il faut se lever pour faire nos sacs, prendre un dernier chai sur la terrasse de l’hôtel et faire nos au revoir.
Je suis seule sur la terrasse pendant que Jérôme va payer la note.. j’ai les larmes aux yeux.. 3 jours ici et on n’a déjà plus envie de s’en aller.
Un dernier « namaste » et nous voilà partis pour 5 à 6 heures de route…
Comme toujours ça passe vite, entre les gens sortant de nul part (parfois entre deux villages c’est le désert total, on ne voit rien qui puisse ressembler à une habitation, pourtant des gens à pied longent ou traversent cette route), pour puiser de l’eau (sur cette route se trouvent de nombreux réservoirs qui recueillent l’eau de pluie), les animaux divers et variés, des petits cabanons où l’on vend friandises, bouteilles d’eau et surtout le fameux chai !
On n’a pas encore testé les fruits ici, à part les bananes qu’on connaissait déjà en France, bien qu’ici elles ont vraiment du goût !
On avait repéré à Pushkar des sortes de gros citrons verts orange un peu arrondis. On teste. À l’intérieur ça a la forme d’une mandarine avec le goût d’une orange ! Délicieusement sucré et très rafraîchissant pour nous qui ne voulons pas utiliser de glaçons…
La route se fait plus étroite et presque montagneuse. Au loin, quelques reliefs.
La végétation est de plus en plus dense, une grande forêt ? C’est en fait le début de la jungle. On croise des vaches sauvages, on dirait des zébus, ainsi qu’un troupeau de chèvres menées par deux jeunes enfants tout ébouriffés, courant après leurs chèvres, un petit baton à la main. Ils nous abordent à travers nos fenêtres, demandant quelque chose en hindi ; Satish ralentit et leur tend sa bouteille d’eau, nous expliquant en reprenant la route que l’eau n’est pas très courante ici… ces gamins avaient l’air vraiment d’avoir soif, menant ce troupeau de chèvres je ne sais où… il fait un bon 30°c…
Un panneau annonce Ranakpur (village constitué uniquement des temples jaïns, les fameux ! Une route et de quelques hôtels).
On laisse une fois encore Satish choisir l’hôtel (on peut toujours refuser si la chambre ne convient pas) car à Pushkar c’était vraiment top !
On arrive dans un endroit très vert, un havre de paix encore une fois ! La chambre est très bien et Satish nous obtient un bon prix.
Elle dispose d’un grand lit, une table basse et des chaises, une pièce avec un lavabo et une autre encore avec douche et WC. Il y a même la clim si on veut, mais en cette saison ce n’est vraiment pas utile !
Ce qui en général fait monter le prix et que nous n’avons pas (et tant mieux ! ) : une télé, une chambre beaucoup plus grande, l’extrême proximité DU lieu à visiter dans le coin, une piscine et autres services de « luxe ».
Pour nous, tant que c’est propre, le lit pas trop petit, qu’il y a douche et WC, ça nous va très bien !
En bonus aujourd’hui : une terrasse privative !
On part manger au restaurent de l’hôtel, bien obligés car il n’y a rien alentour.
Pas le choix du menu, c’est un buffet à volonté (mais on ne sait pas le prix ni si ça inclut les boissons). Les plats mijotent devant nous, on se laisse facilement tenter par ces bonnes odeurs, en plus, c’est vraiment propre et délicieux donc ça vaut le coût, même pour 250 roupies chacun (4€, une fortune ici), boisson incluse.
Satich nous emene voir les temples, ouverts seulement de midi à 17h pour les non jaïns et il est déjà 14h !
Il nous conseil de ne porter ni cuir et d’etre un minimum couvert (jambes, bras), ce que nous avions fait au préalable tout comme nous l’indiquait le lonely planet.
L’entrée est gratuite et les temples valent vraiment le détour (au sens propre du terme car il faut vraiment faire un détour pour aller les voir
).
Marbre blanc où l’on s’y balladera pied nu, admirant les multiples temples et colonnes sculptés.
Dans un des temples seulement l’usage de l’appareil photo est payant.
Les temples sont assez indescriptibles, alors on vous laissera aller regarder les photos
La minutie du travail de sculpture est impressionnante ! Tout ou presque est en marbre.
Une petite prière à Adinath (une des divinités), je sonne la cloche (ce qui signifie pour eux : Dieu écoute moi, je suis là et je prie pour toi).
Pour nous pauvres occidentaux, difficile de faire la différence entre hindouisme et jaïnisme…
Deux bonnes heures à admirer les différents temples et nous rentrons.
Le soleil cogne fort et me tape sur la tête, mamy je vais peut être avoir besoin de ton soleil !
On rentre prendre une bonne douche froide et ça va déjà mieux.
On se pose sur la terrasse et commençons à écrire… on a des cacahouètes pour grignoter et on entend alors des bruits suspects. Quelques secondes plus tard un singe, puis deux, puis trois sont sur le toit, à 2 mètres de nous, regardant, on en est sûr, nos cacahouètes.
On hésite puis en lançons une, il l’attrape avec sa main comme l’aurait fait un homme, et la mange !
Je m’éclate à regarder ces singes, les plus jeunes sont ceux qui viendront jusque sur notre toit, à me faire des grimaces, surement pour me faire comprendre qu’ils ont faim…
Mais vite quelque chose ou quelqu’un les effraie, on se retourne et on voit un des serveurs armé d’un fusil…
Jérôme va papoter avec lui, le fusil est déchargé il dit que le bruit de la gâchette suffit à les effrayer.
Il lui explique que ces singes viennent manger ici herbe, fleurs et fruits que l’hôtel fait pousser détruisant tout sur leur passage, que s’il tire ce n’est pas parce qu’ils sont méchants envers les hommes (ouf!).
Il dit quand même qu’il y a un peu de tout dans cette jungle (quoi on est en pleine jungle là ???), notamment des serpents quand c’est l’été (là il ne fait que 35C° donc pas assez chaud… ), des ours et des panthères.. donc il a des balles dans la poche, au cas où… on n’est pas rassurés, nous qui voulions aller nous balader « en forêt » !
Il dit que si on veut y aller il faut être accompagnés ! Peut être demain matin avant de partir à Udaipur.
On file manger un bout au restaurant, ce soir ce n’est pas un buffet donc les prix restent raisonnables. Chapati, dal, aloo (pommes de terre) et coca : 180 roupies (3€) à deux !
Le repas est bon et en plus tout a l’air propre.
On rentre vers notre chambre pour écrire encore un peu avant de nous coucher.
Le soleil nous a crevé mais on a tellement à papoter qu’on met du temps avant de s’endormir…
Udaipur, le 13 février 2009
Vendredi 13, tiens tiens, on se demande si les indiens sont superstitieux. Moi je le suis mais comme en Inde je deviens plus positive, je me dis que ça va nous porter chance.
On se lève pas trop tôt vu que Udaipur n’est qu’à 2h d’ici.. tôt mais vers 8h quand même !
On se pose sur la terrasse du restaurant, à coté d’arbres à papayes et de citronniers, on voit même de grosses choses noires sur les arbres, ce sont des ruches sauvages !
On commande thé noir, lassi et pain, beurre et confiture maison , fait de mélanges de fruits du coin (papaye, mangue) et de miel récupéré dans ces ruches que l’on voit au loin…! Délicieux ! Puis on rentre faire nos sacs.
Satish nous attend pour faire une ballade dans la jungle. On pose les sacs en voiture et traversons la route à pied…
On n’a pas marché plus de 10 minutes qu’on tombe sur une grande étendue d’eau (pour l’Inde en tout cas c’est grand).
Deux indiens qui se baladent par là nous montrent quelque chose du doigt : des crocos !
Ben y’a vraiment de tout dans le coin !
Jérôme s’avance un peu avec eux, je reste en retrait avec Satish. Apparemment, hors de l’eau, on ne craint rien, ils seraient plus craintifs que nous, mais quand même !
De jolis oiseaux peuplent aussi ce joli coin de fraîcheur et la vue sur cette jungle y est superb, naturelle, sauvage…
Nous reprenons la route, direction Udaipur….
C’est une route de montagne et il nous faudra bien 2h pour faire 90km.
Le long de la route, on voit des vaches ou des ânes tourner en rond sur une grosse pierre, à coté de grands puits. Ce sont les réservoirs d’eau de pluie qui servent à irriguer les alentours. On se croirait à une autre époque, ailleurs… ces paysans ont l’air de vivre une vie tranquille ici… Les paysages sont parsemés de plateau de terre, ce sont les rizières qui prendront toutes leur beauté pendant la mousson… faut voir ce travail d’irrigation…
On croise des troupeaux de chèvres accompagnés de leur berger, homme en sari blanc, aux mules remontant en spirale à la pointe, aux turbans rouge sur la tête et au visage marqué. C’est le temps de la transhumance.
On arrive donc à Udaipur.
La ville a l’air plus grand que Pushkar, moins calme…
On s’arrête dans un parc avec plein de fontaine, coin qu’on regrettera plus tard car c’était un vrai havre de paix dans la grande Udaipur !
Quoi qu’il en soit, ça fait du bien de marcher un peu, les fontaines sont très jolies, tout ça est très vert, très fleuri, très rafraîchissant.
On reprend la voiture pour aller voir l’hôtel dont nous parle Satish, au centre de cette ville.
C’est un peu cher mais il dit que l’hôtel est vraiment beau alors…
On entre et en effet, l’hôtel est sympa. Petit jardin et terrasse sur le toit où on nous dit que lever et coucher de soleil y sont splendides.
On nous montre deux chambres, on choisit la plus grande puisqu’elle fait le même prix. On comprendra ensuite pourquoi : elle donne sur la rue principale et est assez bruyante.
Pas grave, il faut bien que nos boules quies servent à quelque chose
On va se promener mais il y a beaucoup de circulation, c’est pas super agréable d’autant qu’on a un peu de mal à trouver ce qu’on cherche, une vue sur le Lake Palace!
On galère un peu, faisant des allés retour sur des routes, suivant les reponses de quelques uns de nos interlocuteurs… Indiens secouant la tête et ne comprenant pas un mot d’anglais…Enfin bon, on finit quand même par trouver mais on le voit de loin car on n’a pas envie de prendre un bateau.. surtout qu’ensuite on ne peut visiter car c’est désormais un hôtel.
Pas vraiment d’endroit pour se poser… une avancé vers la vue sur le lac de 50 metre de long, bordée de grillage, et où 3 bancs sont déjà bien occupés… La vue reste sympa, mais on aperçoit deux palais dans le lacs, et de loin… bref, on ne sait pas trop lequel est ce fameux lac palace connu par un des James Bond.
On décide de retourner à l’hôtel.
On fait un peu de shopping et on rentre, fatigués par la foule, on s’était habitués au calme.
Pour la 1ère fois la France nous manque un peu… sans vraiment savoir pourquoi.
Udaipur n’est pas notre favorite. Peut être demain nous y trouverons des endroits plus tranquilles.
On se repose un peu et on retrouve la force de repartir. On s’arrête à l’ordinateur de l’hôtel pour donner de nos nouvelles. Quelques commentaires de la famille et des amis, ça fait plaisir !
Je demande si je peux appeler et on m’indique une petite boutique à 5 mètres de là. Le gérant est très sympa, je téléphone à ma maminette, il est 14h en France, 18h30 ici, je l’entends à peine mais ça fait plaisir de lui parler un peu. Le reste de la famille travaille encore à cette heure là, on verra une autre fois !
Le commerçant nous dit de prendre place, « nous sommes ici chez nous »… on s’assoit sur une sorte de banquette en bois, et regardons son ptit shop… Il nous Propose un chai. Une petite casserole frémit… et nous déverse deux verres.
Il me montre comment le préparer : 1/3 d’eau, 2/3 de lait, du sucre et un thé noir spécial, un peu de gingembre…
Nous lui prenons un paquet de thé épicé, afin de pouvoir refaire le même ou presque à la maison.
On prend aussi un peu d’encens, nous en choisissons un qu’ils utilisent pour prier leurs divinités, suivant les conseils de ce commerçant fort sympathique.
Il nous dit qu’il est Jaïen, on papote un peu et nous voilà à nouveau remplis de chaleur humaine.. c’est ce qu’il nous manquait depuis notre départ de Pushkar. Udaipur semble déjà plus accueillante!
Un petit tour jusqu’au city palace, immense, tout éclairé et privatisé pour la soirée à l’occasion d’un grand mariage. Je pense qu’on aura de la musique toute la nuit mais c’est aussi ça l’Inde ! Calme et agitation alternent. Des couleurs vives et des endroits très sombres. L’Inde est contradiction.
Sur le chemin, les rickshow, moto, vélo et voitures font leur chemin au milieu des vaches… beaucoup de scooter aussi… mais cela ne nous dérange pas pour profiter des quelques boutiques qui bordent la rue, et de nous arrêter devant certains temples où des pèlerins y sont arrêtés, chantant, priant, jouant de la musique sous des odeurs d’encens…On se laisse facilement entrainer par le rythme de la vie d’ici, de l’Inde…
Devant le musée on rencontre un couple d’anglais à la retraite. Pleins de pèches et de sourires, ils sont à Udaipur depuis 4 jours et ont l’air d’apprécier vraiment l’Inde. Ils nous conseillent les choses à voir, on papote un moment et comme ils partent le lendemain, nous laissent leur carte de la ville. Super sympa ! C’est agréable ces rencontres fortuites.
On rentre plus apaisé à l’hôtel où, il est vrai, la vue sur le city palace est éblouissante.
Jérôme, précédé d’un jeune serveur, monte plus en hauteur encore, par le biais d’une échelle.
En redescendant, il en a encore les jambes qui tremblent.
On file dans la chambre se reposer, la fatigue et la volonté de se lever tôt nous incitent à nous coucher tôt également.
Bonne nuit !
Udaipur, le 14 février 2009
La saint Valentin ! Rien de spécial de prévu, sinon une ballade au city palace et une promenade dans la ville.
Nous nous levons tôt pour profiter du lever de soleil sur le toit.
Nous avons bien dormi malgré le bruit en fin de soirée.
On grimpe sur la tourelle, quelle vue ! On est au rendez vous pour le lever du soleil !
Une bonne heure là haut, on a un peu faim et on commande notre petit déjeuner. Thé noir, banana pancakes et toast avec confiture… le tout au soleil levant, vue sur les toits d’Udaipur et du city palace, assis confortablement sur notre terrasse…
On descend se préparer et filons au city palace. À cette heure, la ville est encore assez calme (il est 9h30).
On prend un ticket donnant accès à l’extérieur et l’intérieur du palais transformé en musée ainsi qu’un ticket pour prendre des photos. On n’est pas les seuls touristes ici…
Il existe aussi des tickets pour manger ou boire un coup au restaurent de luxe à l’intérieur, pour une promenade en bateau sur le fameux lac Pichola, pas à sec du tout d’ailleurs (ce qui n’était pas le cas il y a quelques années, mais la mousson a été bonne il y a deux ans je crois alors… Udaipur a retrouvé son lac !).
Comme toujours, du palais la vue est magnifique. L’intérieur est richement décoré. On voit l’évolution depuis sa construction au 16ème siècle jusqu’à aujourd’hui en passant pas l’époque coloniale. C’est très sympa même s’il y a un peu de monde, pourtant on y est allé dès l’ouverture !
À l’intérieur, une petite écurie et je peux enfin approcher d’un peu plus près les célèbres chevaux marwari. Ils sont vraiment superbes.
On se promène 2 bonnes heures dans le palais. Il y a beaucoup de français à Udaipur et en particulier dans ce palais. On n’en avait pas tellement rencontré depuis notre arrivée, les attentats à Bombay en sont sûrement la cause.
On rentre un peu fatigué à l’hôtel après avoir acheté quelque fruits. Notre petit jeu : chaque fois on demande toujours plus de fruits pour le même prix et ça marche, alors on continue jusqu’à trouver le « juste prix » !
On se pose sur le toit terrasse du restaurent et commandons coca et seven up… ça désaltère !
On écrit ou bouquine un peu avant de commander à manger. Je choisis mon premier « repas » non végétarien depuis notre arrivée : du poulet ! Le reste est à éviter vu ce que bouffent les vaches et les cochons…
Ce sont des petits croque monsieur mais au poulet, super bon !
Puis, comme on parlait de lui, Satish fait son apparition sur la terrasse.
On papote un peu, il dit qu’il n’est pas arrivé à nous voir hier et ce matin vu qu’on est rentré un peu tard et parti tôt ce matin.
Il nous demande ce qu’on a fait de notre journée et si ça nous a plu.
Pour ce soir, il nous propose de nous conduire à un spectacle rajasthani. Ça peut être sympa pour la saint Valentin en plus !
Demain matin nous partirons à 6h, on file donc faire une sieste et nous nous donnons rendez vous pour 18h.
La sieste nous a vraiment fait du bien et nous voilà repartis pour Dharohar, un musée qui propose tous les soirs à 19h un spectacle de musique et danses rajasthanies.
Le cadre est magnifique, avec vue sur un ghat du lake palace ! L’endroit qu’on cherchait depuis notre arrivée ! C’est parfait.
Le spectacle est super, différentes parties le composent… des danses et aussi un petit show de pupets, les marionnettes locales. C’est génial ce que le mec arrive à en faire. Dommage que la caméra nous lâche à ce moment là.
La danse finale est impressionnante, une danseuse plus toute jeune exécute danses et démonstrations comme marcher sur du verre pieds nus… le tout avec 1 puis 2 puis 3 jusqu’à 10 jarres sur la tête !
Ça vaut vraiment le coup.
Après le spectacle, petit tour sur les ghats d’où on a une vue magnifique sur le lake palace. Enfin nous commençons à comprendre pourquoi Udaipur est surnommée la ville romantique, et son lake palace un palais de conte de fées. Finalement Udaipur nous plaît, on ne la trouve plus si bruyante, il fallait juste s’y faire après l’extrême calme de Ranakpur. D’ailleurs en Inde il faut toujours au moins 3 jours dans une ville avant de s’y plaire, les débuts sont toujours un peu choquants…
En plus, Udaipur est une ville très riche, et pas seulement en monuments. De somptueux mariages s’y déroulent, il y a moins de mendicité. Cette ville mérite le détour, et qu’on s’y attarde plus de 2 jours. Mais pour nous, il nous faudra repartir demain…
Nous remontons vers l’hôtel, pour un repas sur la terrasse avec vue magnifique encore ce soir, même si le palais n’est plus éclairé comme hier de mille lumières.
La nuit va être courte donc direction dodo.
Petite douche à la mode locale, c’est à dire au sceau car le pommeau refuse de cracher son eau et puis c’est plus écolo !
Petit rangement des affaires et derniers mots sur le carnet… A demain !
Ranthambore, le 15 février
Le réveil sonne, il est 5h du matin ! On se prépare rapidement, on finit les sacs et zou ! Satish est prêt lui aussi et nous partons, direction Ranthambore et son parc, le seul soit disant dans lequel on a encore une chance d’apercevoir un tigre.
Dans la voiture je me rendors rapidement.
A mon réveil 2h plus tard, on a quitté l’autoroute et sommes sur une petite route chaotique, où il n’y a pas toujours du goudron. De gros trous n’arrangent pas l’affaire. 6H de route dans ces conditions ne vont pas être très reposantes. En plus il n’y a pas tellement d’animation sur la route, mais tout est relatif, on est en Inde ! On peut faire de kilomètres sans voir personne.
Comme toujours, on se demande si la route va aboutir quelque part, mais oui ! 6H plus tard Satish nous dépose devant un hôtel pour voir s’il convient. 600 roupies, un peu cher mais la chambre est belle, grande et confortable, avec télé et piscine, ok pour cette fois encore.
On s’installe et là, 1ère catastrophe depuis le début du voyage, il en fallait bien une ! La bouteille de shampoing s’est vidée entièrement dans le sac, arrosant vêtements, trousse de toilette et livres… tout est tout bleu!! On éponge donc le tout… et commandons à manger.
Nous devons être en bas à 14h30 pour partir pour le safari… c’est cher (650 roupies par personne) mais on se dit qu’on n’aura pas souvent l’occasion d’en faire…
vers 14h30 donc, un canter, sorte de grande jeep pour 15 personnes, passe nous prendre à l’hôtel… nous sommes les seuls occidentaux à bord. Nous voilà partis pour le safari, la canter bouge dans tous les sens, on est comme dans un manège !
On entre dans la jungle, c’est magnifique.
On voit antilopes, singes, paons, daims, petits crocodiles et cochons sauvages…Le parc est immense et nous tournerons 4h dedans. Nos guides savent où les tigres se montrent, près des petits lacs, où nous nous arreterons de temps en temps pour faire une pause, se taire, et attendre la venue de cet animal qui fait l’honneur de l’Inde.Mais… nous ne verrons pas de tigre! Tan pis. Les Indiens à bord du canter ont l’air plus déçu que nous, ils viennent exprès faire ce safari pour en apercevoir un.
C’était sympa mais pas extraordinaire, on n’avait déjà vu la plupart des animaux en dehors et si on ne voit pas de tigre le prix est je trouve bien excessif. Je ne sais pas ce que les indiens ont payé pour l’entrée du parc, ce que sa represente pour eux… mais ceux présent ici n’ont pas l’air tout démuni, et semblent dans le coin spécialement pour visiter ce parc.
On nous dépose à l’hôtel, on file prendre une douche et commander à manger… c’est dommage on n’aura pas profité de la piscine et de l’extérieur de l’hôtel… Mais il faut savoir se reposer pour mieux repartir.
Demain : Agra !
Agra, le 16 février
Nous prenons la route à 8h, je suis un peu barbouillée, deux jours de suite que nous faisons une longue route. Route qui n’est pas en très bon état.. bref je passe un bon moment à dormir sur les genoux de Jérôme.
Le long des routes, paysage habituel, alternance entre pures campagnes, champs et quelques villages. On voit aussi pas mal de cheminées qui sont en fait des fours à briques.
L’arrivée à Agra est un peu violente. De gros bouchons (les premiers !), une énorme ville, des enfants qui quémandent aux fenêtres à chacun de nos arrêts, des terrains à l’abandon, ou déchèteries qui font le leur bonheur d’enfants, de femmes, cochon, vaches et chiens…
Satish nous dit que les hôtels sont chers ici. Pour avoir le confort que nous avions jusque là, il faut payer plus de 800 roupies. Agra et le Taj Mahal attirent beaucoup de touristes et donc les indiens essayent ici de mieux gagner leur vie. L’hôtel qu’il nous propose pour 450 roupies est pas top mais très proche du Taj. Pour une nuit on se dit que ça ira. On décide de manger un bout au restaurant de l’hôtel, grave erreur; mais on a pas trop de temps; on aimerai vite partir voir le Taj. C’est pas cher du tout mais très épicé et vraiment pas propre. Ça nous coupe l’appétit. On s’était habitués à mieux.. ça fait un peu « pauvres riches occidentaux » mais on assume, on veut pas être malade… Notre thali restera presque intact dans son assiette, ce qui amusera le restaurateur …
Nous filons donc au Taj pour avoir le temps de l’admirer.
En 5 min à pied, nous y sommes. Comme dans tout endroit très touristique, c’est plein de gens qui veulent nous vendre quelque chose, ou nous collent pour ensuite réclamer de l’argent. Avec notre désormais habituel « nahi », on s’en sort pas trop mal.
On achète nos billets. Un gars qui travaille aux entrées propose de nous faire passer tout devant pour éviter 2h d’attente. On sent l’arnaque et on refuse de payer les 250 roupies demandées.
Comme il y a deux files séparant hommes et femmes, je passe en 2 min mais Jérôme est très loin. Le gars ne l’ayant pas lâché, Jérôme accepte pour 100 roupies.. et 5 min après le voilà ! Des femmes m’expliquent qu’il y a peu de femmes qui visitent et qu’en plus il y a moins de contrôle. On n’a quand même droit à rien. Aucune boisson, nourriture, bonbon, stylo, rien ! À part les appareils photo. Elles me posent aussi les questions habituelles et me demandent où sont mes enfants. Elles rigolent beaucoup quand je dis que je n’en ai pas. Je les salue et rejoins Jérôme.
Nous sommes excités à l’idée de voir enfin le fameux Taj…
On passe la porte et le voilà !
Un peu déçus d’abord de le trouver pas si grand, on s’approche et alors il prend toute sa grandeur. La symétrie parfaite et sa blancheur sont impressionnantes. On fait le tour à l’intérieur, puis à l’extérieur…
Plus on le contemple, plus il est beau ! Surtout avec le soleil qui commence à se coucher. Ce qui nous impressionne encore plus c’est le calme et l’espace libre, jardins, fontaines, bassins, qui l’entourent dans une ville comme Agra ! On se pose dans les jardins pas pressés de retrouver le tumulte de la ville. On se fait saliver à penser au camembert, saucisson, baguette, tout en profitant de cette vue unique, se promenant pied nus sur le marbre blanc qui surmonte ce tombeau , ou du moins ce palais de compte de milles et une nuits…
Les jardins sont agréables et vu le prix payé (750 roupies chacun), on décide d’en profiter à fond. C’est pas tous les jours qu’on voit une des 7 merveilles du monde !
Il paraît qu’il est tout de même plus beau à l’aube… mais ça on ne le saura jamais.. hors de question de payer 2 fois l’entrée. L’avantage de le visiter le matin est aussi qu’ensuite on a un prix préférentiel pour visiter les autres monuments de la ville, ticket valable qu’une journée donc… pour nous, ce sera juste le Taj pour cette fin de journée.
A la fermeture (à la tombée de la nuit), on repars vers l’hôtel et décidons de nous arrêter dans une petite boutique tenue par une jeune fille (ce qui est assez rare pour qu’on le souligne !) pour acheter fruits, boissons, chips et biscuits qui constitueront notre repas de ce soir ! Vraiment pas envie de manger à l’hôtel ce soir, et Satish nous dit que les restaurants alentours sont chers.
Quand je lisais les récits de voyage de personnes cherchant à éviter la nourriture indienne je ne comprenais pas pourquoi.. maintenant je sais. Dès que c’est pas cher dans une grande ville c’est vraiment pas propre… quelle chochotte me direz vous ! Un peu oui… mais pour pas grand chose de plus ici, enfin pas grand chose quand on le convertit en euros, c’est le luxe ! Bon et propre ! Enfin on ne se plaint pas, on voulait voir l’Inde et ça en fait aussi partie !
On grignote donc (1ère fois en 10 jours donc pas du tout une généralité) et nous couchons tout habillés après avoir inondé la pièce d’anti-moustiques. Pour la 1ère fois encore, la chambre en est remplie.
Agra ne mérite pour nous vraiment que la visite de ses somptueux monuments.
Haridwar, le 17 février
On se lève vers 6h, ravis de quitter notre hôtel.. Vraiment je n’aime pas dire ça mais soyons honnêtes, tout n’est pas rose en Inde.
Aujourd’hui encore une longue route nous attend. Nous partons à 7h sans avoir petit déjeuné mais avec de quoi faire dans nos besaces, restes de biscuits et jus de fruits.
Je suis à nouveau barbouillée dans la voiture et me rends compte que, comme hier, j’ai pris un médicament pour la gorge, et comme hier je n’arrive pas à digérer. Jérôme qui a mangé comme moi mais n’a pas pris de médicament n’a rien… finis les médicaments pour la gorge !
Je m’endors à nouveau sur les genoux de Jérôme pour me sentir mieux. Et en effet à mon réveil 3h plus tard les maux de ventre sont partis. Nous approchons de Delhi, le ciel est gris de pollution et les routes bondées. Nous mettons 4h pour faire les 200 km qui séparent Agra de Delhi. Il y en a encore 200 de Delhi à Haridwar et le trafic ne s’améliore pas. En plus, nous crevons. Satish s’arrête devant une petite échoppe où gisent pneus usés et chambres à air ! En même pas une demi heure, une rustine est posée, le pneu remonté et nous repartons après avoir salué les gamins amassés autour de la voiture et posant mille questions (en hindi !) à Jérôme.
Ici il y a moins de « vide » entre chaque ville/village, tout s’enchaîne plus ou moins. Satish nous arrête dans un super restaurant qui a l’air vraiment chic. On a un peu peur pour notre porte monnaie mais ayant mal mangé la veille et pas mangé aujourd’hui (il est 14h…) on entre quand même.. on regarde les prix, pas bien plus cher que ce que nous avons payé jusque là (sauf nourriture et boissons non indiennes qui sont quand même bien plus chères qu’ailleurs). Cool : on se prend thé, burger au poulet et frittes et glace ! Tout est très propre, le luxe (sinon on n’aurait pas pris de glace..), surtout après Agra ! On est ravi ! Merci Satish !
On s’en tire pour seulement 240 roupies dont 35 de taxes… soit 4€ à deux. On espère carrément repasser devant au retour.. dommage que ça n’existe pas partout…
On reprend la route après avoir bien remercié Satish de nous avoir amené là !
Le long de la route, beaucoup d’hindous portent des bâtons grandement décorés avec à chaque extrémité de l’eau du Gange dans des fioles. En fait Haridwar est une des 7 villes sacrées de l’hindouisme, ils y célèbrent l’arrivée du Gange puis l’himalaya et aussi la déesse Shiva.
Les hindous que nous croisons en reviennent, à pied, pour déverser de cette eau dans les temples de leur villages ou ailleurs…ils peuvent faire 400km comme ça, parfois pieds nus.
Nous arrivons à Haridwar vers 5h30, c’est impressionnant de voir la foule sur les ghats, prier le Gange de réaliser leurs voeux, se baigner, errer au bord de cette eau sacrée…
Il faut presque nuit et après 10h de route nous décidons que nous irons nous promener dans la ville le lendemain.
Nous cherchons l’hôtel que Satish connaît (désormais on lui fait confiance à chaque fois et on n’est jamais déçus, un vrai guide de voyage à lui tout seul ! ). Il est éloigné des ghats mais cela nous permettra de passer la nuit au calme.
À l’arrivée, un hôtel qui a l’air assez chic. On nous annonce 1000 roupies ! Trop cher ! Satish négocie 800 roupies et on décide d’aller voir la chambre. C’est bien mais l’hôtel ne semble pas fini et est surtout bien vide !
On redescend dire à Satish que pour ce que c’est, c’est trop cher pour nous. Je lis dans ses yeux qu’il n’a pas envie de repartir mais voyant cela, le gérant me demande quel prix nous serions prêts à payer. J’annonce 600 roupies. Il rigole un peu jaune et dit ok pour 700. Je dis à Satish qu’ailleurs on peut trouver moins cher. Le gérant dit ok pour 600, marché conclu.
Satish est soulagé parce qu’ici on lui offre nuit, repas et parking. Là où c’est moins cher il n’y a pas de parking et c’est bien plus bruyant. Puis il est bien fatigué de sa route surtout…
La chambre est vraiment propre et pour 600 roupies c’est parfait.
Première fois que je négocie une chambre (Jérôme lui était prêt à payer les 800 roupies après la nuit passée à Agra !), mais jusqu’à présent les hôtels à 600 roupies la nuit étaient de vrais palaces…
On nous porte un chai et je vais demander à ce qu’ils allument l’eau chaude (même dans ce genre d’hôtel un peu luxueux ils coupent tout si on ne demande pas). On pourrait surement le faire nous même, mais il y a plein d’interrupteurs, de partout, dans notre couloir derrière chaque porte, sur les murs dans la chambre, vers la porte de la salle d’eau et à l’intérieur de celle ci… on a beau tenter on ne trouve pas l’eau chaude^^
On apprécie notre douche chaude après 10h de route. Ouf c’était la dernière longue route, nous restons par ici 4 jours donc on va pouvoir en profiter avant de devoir rentrer en France.
On descend commander à manger et attendons dans notre chambre. Ici tout est room service.
Le repas pur veg (ville sacrée ! ) est copieux et le riz délicieux.
Crevés, on écrit notre récit du jour et nous couchons dans un vrai lit double pour la première fois depuis notre arrivée ! À demain !
Rishikesh, le 18 février.
Levé sans réveil ce matin, pour enfin découvrir Haridwar. Il y a foule ici, c’est impressionnant. Tous les Hindous viennent ici au moins une fois dans leur vie, pour se baigner et ramener de l’eau mais aussi pour mettre à jour leur registre familial auprès d’un « Panda », sorte de Sadhou je suppose qui gère des listes familiales et récupèrent des mises à jours via les pèlerins.
Des temples sont à chaque coin de rue. Certains sont derrière de grandes portes, à moitié caché, laissant apercevoir de grandes sculptures de marbres, des divinités.
Satish nous déposera au bord du Gange et nous ferons un bref allé retour à pied avec Audrey le long de quelques ghats. On a l’impression de déranger, de ne pas être à notre place, nous devons être les seuls « touristes » ici, les seuls non Hindous, et n’avons pas envie de déranger ces pèlerins dans leur fêtes, dans leur baignade, leur prière…
Nous retrouvons Satish qui nous attend a l’intérieur de la voiture, rangeant quelques papiers, surpris de déjà nous retrouver.
Nous lui expliquons que nous ne nous sentons pas très à l’aise ici, d’ailleurs on prendra deux trois photos vite fait sans bien brandir notre appareil photo… par respect, pour éviter peut être aussi des réactions négatives, bref… Nous voili en direction de Rishikesh, notre dernière destination, à une bonne heure de route.
J’y ai lu sur des récits de voyage que Rishikesh était une ville tranquille, elle est par ailleurs dite comme la capitale du Yoga, et borde le Gange, entourée de collines annonçant les prémices de l’Himalaya.
Satish ne semble pas bien connaître cette ville, voire pas du tout. Pour une fois nous lui indiquons un hôtel conseillé dans notre guide de voyage, un Raj palace, surement de la même chaine des Raj palace fréquentés à Udaipur et Ranthambore, dans ce cas nous on n’hésite pas!
Satish a l’air moins sûr… il demande sa route, nous propose un ptit hôtel en bord de route très fréquenté par des camions et autres…. je ne trouve pas ici de ville tranquille … vers cet hôtel, un pont traverse un fleuve a moitié a sec, des bidonvilles s’amoncèlent le long de ce fleuve asséché, s’appuyant contre les premières habitations construites en dur…. On insiste encore avec notre Raj palace auprès de Satish, qui demande alors la route pour Swarg Ashram, sorte de quartier dans Rishikesh où doit se trouver l’hôtel recherché. On nous indique de faire demi tour, et nous prenons une petite route traversant le Gange, fleuve bien animé par rapport au précédent traversé, puis empruntons une petite route de collines sortant complètement de la ville, pour retrouver le coté Est du Gange de Rishikesh, Swarg Ashram.
On se retrouve en pleine forêt, croisant un panneau annonçant de faire attention aux éléphants sauvages… Satish à l’air de bien aimer la route qui fait plein de petits virages. On croise nombres de pèlerins qui descendent à pied ou montent à un temple qui doit se trouver en haut de cette colline, certains se prosternent à chaque pas, s’allongeant sur la route.
On arrive dans une sorte de grand quartier qui se composent de grand bâtiments, souvent en forme carré, avec une cours intérieure, ce sont les Ashrams, lieux de méditation où des Gourous tentent de mener au chemin de la lumière des milliers de pèlerins venus méditer, faire du Yoga, du Reiki, profiter des messages Ayurvédiques, des discutions spirituelles…
Ici est le Rishikesh dont j’avais entendu parlé…
L’hôtel est sympa même si ce n’est pas vraiment un palace. Il est joliment décoré, l’accueil est fort sympathique et le prix est modeste : 300 roupies !
Ils nous proposent plusieurs chambres à ce prix et nous choisissons la plus grande avec un petit balcon.
Nous nous reposons un peu avant d’aller faire un tour.
Nous traversons un ou deux ashram avant de rejoindre le Gange et le quartier animé. C’est super chouette, avec des petits jardins… c’est très paisible (normal pour des lieux de retraite spirituelle). On débouche sur une petite rue bondée d’échoppes et de restaurants avec vue sur le Gange. on grimpe dans l’un d’eux. Le menu est varié et la vue superbe. On commande deux plats de pâtes ! Et oui ! On ne mange plus toujours des plats indiens à cause de nos estomacs.. mais les pâtes sont à la sauce indienne quand même ! Les prix sont raisonnables et ça a l’air propre.
On redescend et on s’arrête dans un cyber donner de nos nouvelles et prendre des vôtres. Vous avez reçu nos cartes ! C’est cool !
On fait un peu de shopping mais pas beaucoup car il n’y a pas énormément de boutiques même si on trouve quand même notre bonheur.
On dépose le tout à l’hôtel et en profitons pour boire un thé sur le toit de l’hôtel d’où la vue est magnifique. On écrit et bouquine un peu tout en admirant le coucher de soleil ! Vraiment top ! À la tombée de la nuit on retourne vers les commerces. Un chant nous attire vers les ghats où de nombreux pèlerins en orange et autres de passage chantent et frappent des mains en rythme. Les prières du soir ! C’est très émouvant même si on ne comprend pas ce qu’ils disent. Tant de ferveur !
On voit Satish assis parmi eux, chantant et priant.
Je savais qu’en Inde tout est très lié au religieux, au sacré, mais je ne m’attendais pas à voir, du matin au soir, tant de démonstration de leur foi. Ça apporte un coté mystique encore plus présent dans les hauts lieux de pèlerinage comme Pushkar, Haridwar ou Rishikesh, même si ailleurs aussi le religieux apparaît partout, sur des arbres ou dans des temples… le long des routes désertes comme en pleine ville.
Avant que la foule ne se remette en mouvement, on remet nos chaussures et retournons au fort sympathique restaurant de midi. Jérôme reprend des pâtes et je m’essaye au veg burger. Ça a presque le goût de la viande !
C’est très bon et nous voilà repus pour à peine 120 roupies (2€) ! On rentre dans la nuit presque noire. Petite lecture et dodo ! Dodo difficile en fait, on a tout deux du mal à trouver le sommeil, mais on finit quand même par s’endormir quelques heures plus tard.
Rishikesh, le 19 février
Ce matin on se réveille tranquillement vers 8h et allons prendre notre pti dèj (thé et toast à la confiture) au même restaurant qu’hier. Ça nous écoeure un peu et on se dit que finalement on ira tenter un autre restaurant pour midi, surtout qu’on a décidé aujourd’hui d’aller se promener de l’autre coté de Rishikesh vers un quartier très animé. On rentre à l’hôtel nous brosser les dents et on repart donc se promener. Satish décide de nous accompagner. La ballade est agréable, plus ou moins le long du Gange et finalement assez courte puisqu’on arrive rapidement à Lakshman Jhula, le fameux pont suspendu d’où la vue est magnifique. Ici il y a plus de commerce et on repère quelques boutiques où nous retournerons après manger.
Satish rentre à l’hôtel et nous décidons de nous poser à l’Oasis restaurant, recommandé par notre guide de voyage. La vue sur le Gange est chouette et le repas délicieux. L’immense choix dans le menu fait que nous y retournerons sans doute le lendemain. En plus l’accueil est chaleureux et souriant.
Puis on part faire un peu de shopping et on tombe sur la caverne d’Ali baba. Tout ce qu’on aime s’y trouve. Super pantalons et hauts, les housses de coussin qu’on voulait.. bref on se retient de tout acheter. Ici à Rishikesh la plupart des boutiques pratique des prix fixes, non négociables. On s’était habitués à marchander et ça nous manque un peu. C’était devenu un jeu et surtout le moyen de papoter avec les commerçants. Enfin, les prix sont bas donc ça nous va quand même.
Sur le chemin du retour, je m’arrête me faire tatouer sur la main un joli motif au henné. L’homme est doué et extrêmement habile. Il me faudra attendre 3h de séchage pour voir le résultat final. Je choisis un motif rajasthani et suis bien contente de ramener ainsi avec moi un peu bout des coutumes indiennes.
On rentre se poser sur le toit de l’hôtel toujours désert, lire et écrire un peu pour Jérôme, moi je ne peux pas car ma main droite est en train de sécher.
Je retire peu à peu le henné sec et une jolie couleur orange en ressort.
Comme hier, on va se joindre aux fidèles prier Shiva sur les ghats du Gange.
Encore une fois je suis étonnée de tant de ferveur. Bien que non croyante, l’atmosphère invite à se joindre à eux et à prier, Satish est là lui aussi.
Sur le retour vers l’hôtel, je suis frappée à nouveau par le nombre de mendiants à qui il manque une jambe, un bras, un oeil, ou qui doivent ramper après avoir attrapé la polio.
On se dit à quel point on a de la chance d’être né en France !
Rishikesh, le 20 février
Après un bon dodo, 1ère grasse matinée (9h !!), on file vers Lakshman Jhula où on prend notre petit déjeuner à l’Oasis restaurant (quand on aime on ne compte pas
). Puis on marche pendant 4/5 km pour rejoindre d’abord par la route, puis par un petit chemin escarpé (mais à l’ombre) une fameuse cascade. Il fait bien chaud et la fraîcheur des chutes d’eau est la bienvenue. On se pose un bon moment avant de redescendre. Le coin est vraiment chouette, des petits endroits sont aménagés pour s’asseoir et admirer les chutes. L’accès pour les touristes est payant mais pas très cher et ça vaut vraiment le coût !
En redescendant, on croise quelques singes sur la route, c’est fréquent mais ça nous fait toujours quelque chose. Surtout que c’est notre dernier jour… On se fait un dernier tour de shopping. On en profite pour ne pas regretter une fois en France. Vu les prix (140 roupies un pantalon en coton, soit 2,5€) on se fait plaisir.
On prend aussi quelques biscuits et boisson pour le lendemain, quelques photos… un ptit arrêt au cyber pour laisser un dernier petit mot sur le blog.
Le soir on va voir un concert de musique classique indienne dans un ashram. C’est sympa mais un peu répétitif.
Sur le retour on s’arrête manger des pâtes puis rentrons à l’hôtel commencer à préparer nos sacs. Snif ! C’est passé vite… mais on a fait tellement de choses qu’on en est remplis pour un bon moment.
Demain journée de route vers Delhi et petit tour de la ville au programme, avant de retourner au point de départ, l’aéroport.
Dehli, dernier jour 
Le réveil sonne pour notre dernière journée.
Un petit bilan rapide se fait dans ma tête avant d’ouvrir les yeux. Deux semaines, tout en contraste, deux semaines qui sont passées si vite et en même temps on a l’impression d’y être depuis des mois tant on a vu de choses. Tant de belles choses et de belles rencontres, mais aussi misère, saleté et problèmes d’hygiène. Quelques odeurs alléchantes et parfois repoussantes.
Ah l’inde ! Difficile de la quitter et pourtant…
Aujourd’hui longue journée de voiture et d’attente.
Retour à Dehli, polluée et encombrée. Mais petit moment calme quand même dans le parc entourant le tombeau d’Hanuman.
Nous nourrissons chien et écureuil qui s’approche d’assez près à notre plus grande joie (mon chat me manque !!
).
Puis Satish fier de sa capitale veut absolument nous faire visiter un tas d’endroits, dont l’indian Gate, sorte de reproduction de notre arc de triomphe et l’avenue y menant semblable à nos champs Elysées.
De nouveau pause dans le parc mais ici beaucoup de touristes, on n’aime pas trop ce genre d’endroits où sans cesse on nous propose (ou impose) chips, henné, etc…
Petit tour à Connaught Place et là ça y est, on n’est plus en Inde mais à Paris ou Madrid dans les quartiers de grands magasins…
Ce n’est pas l’inde qu’on aime et on retourne vite vers Satish étonné qui nous conduit dans un restaurant chic… très cher mais très chouette, alors pour notre dernier repas ici…
A la sortie du restau, nous profitons de nos derniers instants avec Satich, on en est presque ému, il était devenu plus qu’un chauffeur, plus qu’un guide, un ami. Nous lui remettons la moitiée de la somme convenu pour le voyage (200 euros) et les quelques roupies qu’il nous reste en poche, en plus d’un billet de 20 euros, ses premiers euros! En tout, celà lui aura fait un pourboire d’environ 40 euros, soit 10% du prix total laissé à cette »agence ».
Retour à l’aéroport, on ne peut y entrer avant minuit et il est 22h…
Satich ne peut laisser sa voiture longtemps là sur le devant de l’entrée de l’aéroport, après avoir sortis nos sacs du coffre, nous lui faisons un au revoir bref mais sincère, lui remettant les quelques vêtements que nous avions prevu de lui laisser, et… le laissant repartir à bord de sa tata…
On se pose d’abord dehors où nous papoterons un peu avec quelques Tibetaines, en escale pour tenter de trouver du travail à Dubaï, puis, pris par le froid, nous nous refugirons à l’intérieur de l’aéroport où nous rencontrons des russes fort sympathiques avec lesquels nous jouerons à Risk jusqu’à minuit.
Le retour vers la France est long mais on arrive quand même contents de retrouver un peu notre confort… à se jeter sur des sandwich au brie une fois en escale à Londres
Dans l’avion, pleins d’images, de souvenirs, des visages, des sourires, des odeurs nous traversent les esprits…
On a vraiment adoré, l’Inde c’est… inexplicable, il faut le vivre!
Quelques jours à peine plus tard l’Inde me manque déjà. Surtout que sur les photos seul le meilleur reste…
Je pense que nous y retournerons… alors peut être à bientôt pour un nouveau carnet de voyage !
Pour les photos, il se peut qu’elle aparaisse sous le texte (pour les utilisateurs de mac^^), vous pourrez trouver ci dessous un montage photo en musique, il suffit de cliquer , en dessous, sur »la video: Voyage »,
Aussi, pour tous ceux qui souhaitent découvrir ce merveilleux pays et avoir plus d’ infos; pour l’adresse du chauffeur, et autres liens utiles, rendez vous sur la pages »liens utiles ».
Merci pour votre lecture, vos commentaires,
et au plaisir de vous informer plus si vous le désirez.
La vidéo :
Voyage sélectionnée dans Voyage et Vacances
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Bonjour et merci +++ pour toutes les infos.
Les albums photos ne sont malheureusement pas visibles, ils s’ouvrent « derrière » le carnet de voyage !
Eric
……..alors !!! et la suite ????????
désolée beaucoup de travail en ce moment mais la suite arrive trés bientot ! j’essaye de finir avant ton départ le 16 Eric
Audrey et Jérôme,
merci pour ce sympathique récit plein de simplicité et toujours enthousiaste.
J’ai passé d’excellents moments à vous lire et je dois dire que j’étais toujours impatient d’avoir la suite !
Dommage, je n’arrive toujours pas à voir les photos.
Why ?????
Aujourd’hui, c’est J-8.
Je ne vous connais pas mais sachez que là bas, j’aurai une pensée pour vous.
Si je poste un récit (j’en doute !)ou des photos (très sûrement !),
je ne manquerai pas de vous en donner le lien.
Bien amicalement.
Bonnes fêtes de Pâques à vous deux.
Eric
Merci pour tes commentaires
arrives tu à aller sur le lien de la vidéo (à la fin du carnet de voyage)? Car elle reprend la plupart des photos… je ne comprends toujours pas pourquoi tu n’y arrives pas mais l’informatique reste parfois très mystérieuse pour moi 
Nous on y retournera sans doute 
On t’envie beaucoup de partir
Bon voyage !
Bonjour Audrey et Jérome,
Nous partons bientôt en Inde pour 2 semaines et votre récit est tellement passionnant que votre programme donne très envie.
Merci encore.
J’aurais souhaité savoir, si vous aviez à le refaire, est-ce que vous changeriez une ville au programme ou pas du tout.
Sincèrement
Coralie